La bienveillance à l'école

Empathie vs pression

Aujourd’hui, je voulais commencer par vous parler de la difficulté de mettre l’empathie au coeur de l’enseignement, quand on est enseignant dans le système traditionnel, quand on officie dans une petite classe, avec du matériel pas adapté, des enfants coupés de leurs émotions et pas du tout dans la bienveillance, avec des collègues « normales »…

Et puis je me suis demandé pourquoi ça ne marchait pas avec moi, dans ma classe, avec ces élèves là… Parce qu’enfin des élèves un peu difficiles, j’en ai déjà eus… et puis l’empathie, je la pratique depuis quelques années déjà, de même que la bienveillance en général (même si jusqu’à présent je laisse l’émotion « énervée » déborder trop souvent).

Et aujourd’hui, après m’être réellement posé cette question, j’ai un début de réponse.

Le premier élément, c’est qu’avant la rentrée, j’ai mis beaucoup d’enjeu dans cette démarche. Je me suis fixé un but très général: rester calme en toutes circonstances et rester à tout prix dans la bienveillance et l’empathie. Pas assez précis, ou circonscrit en terme de contexte comme but. Il aurait fallu que je pense en terme d’objectifs, c’est à dire qu’en cas de non respect de telles règles (celles qui me semblent incontournables), je reste bienveillante, sans jugement. J’essaie de comprendre les besoins de l’élève, MAIS, je rappelle la règle contrevenue. J’explique quelle est la réparation (et non pas la punition… Ça aussi c’est un de mes buts!!!) s’il y a quelqu’un de lésé, ou la sanction si c’est une règle de sécurité ou de discipline.

J’y ai mis trop d’enjeu et de coeur… presqu’en me disant que je serai une bien meilleure maîtresse si je devenais si « empathique et bienveillante ». Alors dès qu’un élève sort (teste les limites) du cadre, je recadre, je m’énerve, je finis pas « punir » (horreur!)

Or, ce n’est pas être une si « mauvaise »maîtresse que de s’énerver et de montrer quand les limites sont dépassées (à condition de ne pas émettre de jugement, ni dévaloriser l’élève). et je me suis rendue compte que je m’énerve mais je ne dévalorise jamais un élève. Je lui explique juste quelle règle il n’a pas respectée. Il est alors isolé du groupe pendant quelques minutes. Le temps qu’il aille dans le coin de retour au calme (il peut sauter autour de la table, s’asseoir pour respirer, dire sa colère dans la boîte à colère) et qu’il se calme.

Le deuxième élément de réponse, c’est la pression que je me mets (que les enseignants en général se mettent) sur le résultat de fin d’année. Ça n’est pas tant le programme, mais plutôt que leurs connaissances soient en accord avec le niveau exigé en fin d’année. Et, ça, c’est sûr ça m’a toujours stressée et ça continue. Alors dès qu’un élève chahut, ou ne respecte pas les règles expliquées à maintes reprises en classe, dès qu’il empêche ses camarades et moi de travailler tranquillement, j’ai du mal à garder une attitude bienveillante et empathique.

C’est pour cela que je me sens en échec en ce début d’année. Parce que les enjeux pour moi sont mâtinés de cette pression: faire avancer tous mes élèves dans les apprentissages du CP, dans le respect des règles, tout en restant calme, bienveillante et dans l’empathie!

Et en fait, c’est bien trop d’un coup. Je repense à cette théorie des petits pas que j’expliquais à mon amie il n’y a pas si longtemps. Et bien, je l’ai oubliée pour moi-même. J’ai voulu tout tout de suite. Et maintenant, je me bats avec mes élèves récalcitrants, qui n’ont pas l’air de comprendre où on en est, dans cette classe: la maîtresse est douce et du coup, je peux y aller, et faire du bruit/ contre/ tiens, qu’est-ce qui lui arrive pourquoi elle s’énerve aujourd’hui?

Je comprends aujourd’hui que je dois me recadrer aussi:

  • expliquer toujours calmement la règle non respectée.
  • appliquer la réparation ou la sanction (avec l’appui des affichettes que j’ai crées et qui sont adossées en classe et dans le coin calme).
  • avancer normalement dans les apprentissages sans stresser les élèves avec leur manque d’attention. Pour cela, proposer des activités à choisir (dans un cadre défini: cf Céline Alvarez) mais obligatoires (une fois choisies).

Je mets ici mes petites affichettes.espace-de-retour-au-calmeenfant-qui-medite

Et c’est déjà pas mal! Ah si! j’oubliais! Garder le sourire, toujours! Et respirer beaucoup pour retrouver le calme.

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