La bienveillance à l'école·Mes émissions favorites

De l’importance de la bulle proxémique (ou de la distance entre l’enseignant et l’apprenant)

Ce matin, je vous raconte une expérience qui m’a interrogée. Je l’ai vécue la semaine dernière, mais c’est l’émission de France inter de Ail Rebeihi (Voici le lien pour aller l’écouter https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-04-octobre-2016), qui m’y a fait repenser.

Jeudi dernier, pour finir la journée dans le calme, j’ai organisé le temps « Poésie ». Les élèves sont toujours prêts à venir réciter la poésie et montrer ce qu’ils savent… Tous sauf A…lbert qui n’arrive pas à rester en place. Il s’assoit par terre, puis il remonte sur sa chaise, puis il tourne autour de sa table, puis il va voir le copain à l’autre coin de la classe… Bref! Pas moyen de se concentrer quand on récite car A..lbert est devant (pour que je l’ai à l’oeil et qu’il travaille un peu au milieu de toute son agitation).

Alors, il y eut un moment où pour qu’il s’arrête et qu’il ne dérange pas le copain qui avait eu l’envie et le courage de réciter toute la poésie, je suis allée le chercher par la main, et assise sur mon tabouret, je l’ai entourée de mes bras, lui debout entre mes jambes…

Que s’est-il passé? A…lbert s’est lové dans ce petit cocon, rapproché au maximum de mon torse et de mes bras. Il a continué à se trémousser sur ses petites jambes (comme s’il y a avait une plaque vibrante sous ses pieds: incroyable). je n’ai rien dit, je l’ai laissé là, se lover dans cet espace tout restreint, tout doux sans doute.

Il a fallu à un moment donné que je me lève, il a attendu en allant toucher un peu les petits objets disposés sur le banc. Et quand je suis revenue, de lui-même, il est revenu se blottir dans l’espace de mon corps pour écouter les autres. Depuis ce jour, j’ai un A…lbert qui recherche mon attention et qui semble s’apaiser.

Alors! Qu’est ce que cela me raconte?

Et bien, je fais le lien avec tous les moments où les élèves se calment quand je m’approche pour leur parler à l’oreille, pour leur toucher le bras, ou la tête, quand ils s’agitent. Et je me forge la conviction que ces jeunes enfants ont besoin de proximité (encore) avec l’adulte, que les bras, le contact les rassure et les apaisent… comme les bébés qui s’apaisent dans les bras de leurs parents. Je me dis qu’A…lbert (qui est petit physiquement et très jeune dans sa tête) a beaucoup besoin d’être rassuré par le contact physique.

J’entends déjà les voix des adultes suspicieux et malveillants crier: 3attention, une pédophile en devenir… » Et bien, NON! Les enfants ont besoin pour grandir en confiance de bienveillance et d’empathie, et cela ne passe pas que par les mots, mais bien aussi et surtout par les gestes et les attentions physiques.

Leur bulle proxémique (voir ouvrage La dimension cachée de Edward T. Hall) la-dimension-cachee-704173n’est pas encore construite à cet âge (ni même à 7 ans), et ils ont besoin d’être cajolés et rassurés. Du coup, cela me fait réfléchir à ces espaces scolaires de la classe qui ne sont pas du tout adaptés et qu’il faut repenser… Un prochain article à venir sur cette dimension.

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