Mes découvertes/mes réflexions·Mes lectures

Le bureau des poids et des mesures

couv-bureau-poids-mesuresJ’ai découvert cet album jeunesse dans le lot de livres du Prix des Incorruptibles auquel je fais participer mes élèves. Dans ce livre, il y a à peu près cette phrase: Papa, les gens ne vivent plus… ils se mesurent. » Et je me suis dit que c’était exactement ce qui se passe dans la réalité.

Bon, l’histoire est mignonne. C’est un papa très rigoureux qui inventent des instruments pour tout mesurer, tout quantifier. Mais un jour, son fils rentre de l’école tout triste parce qu’il s’est disputé à l’école. Le papa est bien ennuyé car il ne comprend pas ce qui se passe. L’état émotionnel de son fils n’est pas mesurable. Alors, tous deux vont avoir l’idée d’inventer des instruments pour quantifier les bisous, la tristesse, la joie, le bonheur, l’amour, etc.

On le sait, nous vivons dans une société de mesures, de quantité, de performance, cette société qui fabrique des dépressifs de plus en plus nombreux. Nous évoluons au sein de cette humanité occidentale (qui malheureusement se répand même dans les régions du monde les plus reculées) en nous mesurant nous-mêmes, constamment à l’aune de ce que l’on attend de nous, en termes de performance au travail, en sport, et dans toutes les sphères de notre vie: mère, épouse, fille, employée, amante, femme, amie, etc. Et surtout nous vivons dans une société où le regard des autres, la critique, le jugement sont les premiers assassins de notre confiance en nous. Tout le monde juge et critique tout le monde, sans bienveillance, sans compassion, avec finalement comme objectif de se sentir moins nulle que la voisine (avec son pantalon truc, sa voiture machin, son rire, son boulot, son attitude….)

Au sein de la famille, point de repos; c’est pire! Les notes de notre enfant à l’école, le nombre de corvées ménagères effectuées dans la semaine, la qualité des relations entre les personnes d’une même famille… Nous comptons tout, y compris la quantité d’amour et d’affection que nous recevons de nos proches, le nombre d’attentions délivrées par notre conjoint, et j’en passe. Nous ne sommes plus, nous comptons, nous mesurons. Nous ne vivons plus avec les autres, nous comptons, nous jugeons.

Cela rejoint la réflexion que je me faisais encore cette semaine sur mon sentiment d’être prisonnière, encore, du regard des autres. Malgré mes prises de conscience, et mes progrès sur mon chemin de vie, je suis encore de nombreuses fois, prisonnière du poids du regard d’autrui. Non pas sur ce que les gens peuvent penser de moi, mais bien plus sur ce que je crois que mes proches attendent de moi. Et c’est cela qui nous attache, qui nous lient, qui nous empêchent de rayonner. Tant que nous ne nous libérerons pas de ces peurs et de cette pression virtuelle (que NOUS nous imposons nous-mêmes), nous ne vivrons pas. Nous continuerons à nous mesurer, à compter… et à déprimer.

Je vous souhaite une belle journée… et vous invite à lire cet album que j’ai trouvé magique (un vrai petit bonheur).

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